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Les mains J'avais 8 ans peut-être. L'hiver, J'allais à l'école chez "tante Marie et oncle Joseph" dans un village d'Ajoie nommé Fahy. On était une bonne quarantaine d'enfants dans cette classe de 1ère, 2ème, 3ème . A la "récré", une copine me prend par la main et me dit: "tu as une peau douce". Jusqu'à ce jour-là je n'en savais rien. Elle m'a fait plaisir, cette copine. A la page 13 du "Puzzle amoureux", Gilbert Salem, comme l'enfant qu'il est resté dans son cœur écrit: "Dans une main humaine, quand on la tient avec chaleur, émotion, fantaisie, on peut explorer des anfractuosités curieuses, des fêlures et des bas-reliefs qui racontent la vie compliquée d'une âme. On y détecte l'ampleur de certaines douleurs, la longévité possible de certains enthousiasmes…" Comme c'est vrai! Elles sont innombrables, les mains que j'ai contemplées, touchées parfois. A Cape Town, la vieille africaine sans âge assise à mes côté, ses mains noires dans mes mains blanches me disait: "Tu vois ma vie dans ces crevasses!" Elles en avaient fait des lessives pour nourrir sa famille! BoMè, Grand-maman! On s'est serré les mains très fort. Les deux.
(http://www.trekshare.com/) Mais c'est Gilbert continue: "Or, quand ce sont les doigts d'une personne qu'on aime qui étreignent les vôtres, dès que les peaux fines de mains qui se cherchent finissent par se trouver, toute magie s'effiloche." Est-ce pour éviter cet "effilochement" que que Yeshua a suggéré à la femme qui l'aimait "ne me touche pas alors que je t'aime"! ? Et Gilbert avec Yeshua, d'aller plus loin, de saisir, de comprendre ce que nous ne pouvons que pressentir car nous n'avons pas encore assez aimé: "Noli me tangere… c'est une parole d'amour qui ne peut pas mourir, une que se disent les amants véritables quand ils savent qu'il est loin devant eux le temps où ils seront vraiment ensemble. Où ils ne seront plus tout à fait seuls dans leur corps." Je découvre le sens de la souffrance partagée. Quelle bonheur! |